Randonnée en Tunisie – 3ème épisode

Sfax – El Jem

Jour 19 : Pendant que les enfants profitent du petit déjeuner de l’hôtel, Violette essaye de trouver un itinéraire pour rallier El Jem. En sortant de la ville sur la route directe, il faudrait faire 30 kilomètres avant de trouver un endroit pour camper : c’est beaucoup, trop…

Violette qui rêve de retourner pédaler dans la cambrousse : « J’en ai marre de la ville. Nous n’aurions jamais du nous arrêter ! Enfin, si, pour Naïade et les enfants… » « Nous sortirons de Sfax par le chemin qui devrait nous amener hors de la ville le plus rapidement. Puis nous obliquerons vers El Jem. »

En sortant de Sfax, premier arrêt pour des courses et profiter d’un parc : les jardins publics de Touta, avec une aire de jeux et … des animaux en captivité. Violette juge les conditions de détention des animaux épouvantables. Naïade a eu beaucoup d’émotion en découvrant les autruches, les émeus, les dromadaires et les lions.

Dans l’après midi, la fière équipe franchit le pont de l’autoroute à la dernière sortie. Ouf ! mais le vent est de trois quart face. Ca n’aide pas et Maïs fatigue, mais il progresse dans le gestion des contraintes… A la nuit, les joyeux pédaleurs se posent pour bivouaquer en lisière d’une oliveraie, à côté d’une meute de chiens. Il y a beaucoup de chiens errants en Tunisie. Mais ceux-ci n’approchent pas.

Un berger et ses moutons passent sans rien dire. Puis le berger revient quelques minutes plus tard accompagné d’un homme plus âgé, avec un téléphone. Les filles rentrent en communication avec le propriétaire de l’oliveraie. Il leur dit qu’elles ne peuvent pas rester là. « Parce qu’il y a des sangliers, attention ! » « je vais prévenir la police, pour votre sécurité… et la mienne. »

Les deux hommes s’en vont, puis le berger revient leur offrir des oranges. Violette veut retourner bivouaquer dans le désert. « C’est mieux, on y est plus tranquille ». A 19h30, la police arrive. Discussions et pourparlers pendant une heure et demi, puis c’est l’évacuation par les quatre policiers, « pour votre sécurité ! ». Les forces de l’ordre les emmène à un autre endroit pour dormir : dans une maison en chantier. Les policiers fournissent aux filles de quoi se barricader, un bâton pour se défendre et précisent qu’ils reviendront demain à 8h.

Constat de Maïs : « Il n’ y a pas eu de phrase du jour, mais il y aura eu beaucoup de phrase de la nuit ! »

Jour 20 : Départ sous surveillance policière. « Un grand moment ! ». Personne ne leur demande où ils vont. Et pour cause, ils sont escortés … « La Garde Nationale essaye de nous suivre incognito. Mais en 4×4 blindé dans les chemins de sable, nous les avons vite repérés ! » Vers 11h, l’escorte cesse et notre fine équipe continue vers le Nord. dans l’après-midi, elle appellent la Garde Nationale pour faire valider un lieu de bivouac ce soir. « Tous les habitants nous disent de ne pas rester dehors la nuit… Je pense que le problème n’est pas les sangliers, il doit se passer quelque chose autour de Sfax… »

Finalement ils vont pouvoir dormir dans une ferme, et le bivouac est contrôlé par la police. « Nous avons pu nous laver au seau, comme les habitants. Je vais vraiment prendre des cours d’arabe avant de revenir ! Les gens qui nous accueillent sont adorables, même si nous avons du mal à communiquer. « 

Ce soir : repas succulent offert par l’habitant et tours de magie époustouflants d’Amir. Une super soirée

Jour 21 : Ce matin, après avoir fait le tour de la ferme avec Inès « on ne ramène ni veau ni chiot, ni agneau », Fatma nous a amené faire la cueillette des olives… Nous avons donc battu et ratissé les oliviers pendant une heure avec les huit ouvrières🤩. Maïs et Ananas étaient aux anges.

Puis ils reprennent la route vers Netatia. »Nous sommes dans un endroit calme et isolé, nous allons bivouaquer là je pense. Nous avons prévenu la Garde Nationale de notre départ de la ferme, mais ils ne sont jamais revenus. » Ce soir couchés à 19 heures sous la tente.

Jour 22 : « Nous avions du sommeil en retard : couchés à 19h, levés à 6h50. Il pleuviote, retour sous la tente après le petit déj et crapette… » Puis ils reprennent une difficile progression vers Neffatia, car le vent est fort et contraire.

Et enfin, arrivée en fanfare à Neffatia ! Jonas a appris une nouvelle phrase « la nefnef ».  » Nous avons même amélioré la politesse

« la nefnef min fadlek » ❤️ ce qui veut dire : pas de piment s’il vous plait !  » Ils n’ont parcouru que 5 kilomètres ce matin mais « Aéla à des crampes aux mains et moi aux bras et aux épaules ». Accueil extraordinaire du marchand de sandwich. Et un homme voilé à voulu leur offrir un héron agonisant. … Ils ont été l’attraction de Neffatia. Les enfants ont fait visiter le village à Maïs, montré leur école. Puis ils ont joué au foot avec Ananas et Maïs ! Quant à Violette, elle s’est posée pour jouer du Mélodica. jamais elle n’a eu un public aussi enthousiaste !

Puis l’équipe pédale encore quelques kilomètres pour aller passer la nuit au bord du sebkhet El Rarrha ( dépression où l’eau salée s’évapore). Désertique et magnifique. Violette : « Les bivouacs sont vraiment plus reposants… »

Jour 23 : Cette nuit, le vent a soufflé fort, et le bruit dans les tentes était intense. La météo prise par satellite annonce du vent à 50 km/h avec des rafales à 70.  » Ça va être fun ! »

L’équipe se met en route, avec des protections pour le sable qui vole partout. A 10 heures, crevaison d’Ananas. « Aéla mène toujours avec 4, Violette 2, Ananas 1 et Maïs 0 ».

Violette à midi :  » Vent ++ et sable… Même la bouche fermée ça croustille ! » Et après la pause méridienne : « Après un énième bol de semoule froide et sableuse sous un vent violent et un ciel gris, on vote pour des lasagnes ou un mafé à notre retour. ».

A 16h : « Maïs rentre dans la course : une crevaison également. Rien n’est encore joué, tout reste possible… Qui aura le plus de crevaison ? »

A 17h30 : « Après 20km de vent de face, deux crevaisons, un départ à 11h30 et de la pluie, on est devant l’hôtel à El Jem ! » Elles ont réservé un hôtel trois étoiles . Si le chien est théoriquement interdit, il est toléré sur le balcon. Et des chambres avec salle de bain, ça permet de faire tremper les vêtements qui leur ont permis de braver le vent de sable. Violette : « Je dois avouer que l’eau de lavage de mes cheveux avait sensiblement la même couleur que celle des vêtements !

Jour 24 : Visite de l’amphithéâtre, en deux groupes, car cette fois-ci l’entrée du chien est effectivement interdite. Ananas court partout en hurlant de joie. Il joue au « glaglateur ».Les enfants sont vraiment intéressés par ces ruines. Ils sont aussi passionnés par la visite du musée archéologique. Et il leur est difficile de quitter l’atelier de mosaïque, tant tout ça les passionne. « Nous allons en tenir compte pour la suite… »

Ce soir au diner : une excellente pizza, et sans thon, qui est si difficile à trier… Puis dodo, demain nous prenons le train à 8h…

Où notre équipe de choc va-t-elle maintenant aller pédaler ? Vous le serez bientôt….

Randonnée en Tunisie – 2nde partie

Djerba la douce

Jour 13 : Les réveils se suivent et ne se ressemblent pas. En pleine nuit, dans le bivouac au bord de la mer, Violette capte de la lumière et du mouvement autour des tentes. Elle regarde dehors et voit quelqu’un qui regarde dans la tente d’Aéla. Et une voiture de police derrière….

Violette sort en urgence sans réveiller les enfants ni le chien. Vous noterez au passage l’efficacité redoutable du chien pour les protéger et prévenir… Deux policiers leur demandent leurs passeports. Derrière la voiture de police, il y a un deuxième véhicule et deux hommes avec un fusil ou une mitraillette.

A Djerba, auraient-ils une petite obsession sur la sécurité : Contrôle de police avant de monter sur le bac. Nouveau contrôle de police en sortant du bac. Et encore un contrôle de police en sortant de Ajim ! « A chaque fois, on nous a regardé en se demandant quoi faire de nous puis on nous a fait signe de passer. »

« J’le sentais pas, moi, Djerba. Mais les enfants voulaient la mer… » Quelques heures plus tard, tout s’explique : samedi et dimanche il y a le sommet de la francophonie à Djerba, avec moult chefs d’Etat. Même Macron y sera !

Faisant fi de ces interpellations nocturnes, nos hardis pédaleurs ont atteint Guellala ce matin ! Qui dit ville dit resto. C’est la meilleure motivation pour les enfants.

Et l’après midi Violette a emmené les petits au musée de Guellala, avec des scènes de la vie tunisienne d’autrefois,  représentées par des statues grandeur nature. En attendant l’ouverture, elles remplissent les bidons à un puits le long de la route. 

Vers 17h, ils sont  en pleine visite du musée. Les enfants sont à fond ! Naïade aussi : elle grogne toutes les statues d’hommes debout. Et oui, en Tunisie les chiens dorment dehors mais ont le droit de se cultiver.

Les enfants ont adoré le musée. Ananas a charmé les militaires et… deux policiers en civils qui lui ont offert des sandwichs et des pâtisseries.

Naïade a le bas du dos très chaud. Violette et Aéla prévoient donc une grosse journée demain pour rejoindre Houmt Souk en passant par Djerbahood, célèbre pour ses peintures de rues. Houmt Souk avec ses 75 000 habitants est la plus grande ville et le port au nord de Djerba. Un peu moins de 20 kilomètres à parcourir en une journée ça va être chaud… Mais nos cyclo-randonneurs y ont trouvé une maison à louer qui accepte les chiens. 

L’occasion de faire des lessives, des nuits complètes, chercher un bateau pour Sfax et mettre Naïade sous anti-inflammatoires pendant trois jours. Et de changer le dérailleur, le câble et la poignée d’Aéla, rachetés hier et aujourd’hui, ainsi que l’axe de roue avant de Violette racheté aujourd’hui aussi.

En attendant, cette nuit, l’équipe dort à la belle étoile au bord d’un champ d’oliviers.  Violette a prévenu leurs nouveaux copains, les policiers du musée, qu’elles bivouaquaient, espérant ainsi éviter une nouvelle descente de police en pleine nuit…

Jour 14 : Repos dans une maison de location à Houmt Souk. On va reposer les enfants, et faire un peu de maintenance sur les vélos. La selle et le guidon d’Ananas ont du jeu. Maïs a des soucis avec son plateau . Aéla doit changer la poignée,le câble et le dérailleur. Et Violette doit remplacer son axe de roue avant… A part le vélo de Maïs, les trois autres sont de vieux vélos : « on change les pièces au fur et à mesure » .

Et puis  » il nous faut trouver un bateau pour Sfax… » C’est toujours effervescence policière à cause du sommet de la francophonie.

« Nous avons croisé trois suisses (pas le catalogue !) qui reviennent de trois semaines de vélo de Tunis à Sfax en passant par Douz et Matmata. Plus de mille kilomètres à vélo, ça fait rêver… »

C’est le temps pour Violette et Aéla de laver les vêtements qui ont servi une dizaine de jours sur les pistes en sable: au cinquième rinçage.

Jour 15 : A sept heures du matin, les adultes commencent par l’entretien des vélos. Un peu plus tard, Violette déambule dans les rues à la recherche d’une scie à métaux. « J’ai trouvé mon bonheur et maintenant, j’ai une roue qui ne bouge plus. » « Peut-être un eu trop serré l’axe ? la roue ne tourne plus très bien ! » Les duvets, maintenant lavés sentent… plus mauvais qu’avant !

Et « enfin une aire de jeu, les enfants revivent ». Et les enfants partent avec Aéla acheter des chemises. Le vendeur demande si elle les prends. Aéla répond non poliment. et Maïs ajoute :  » Il y en a une qui gratte, et l’autre avec du carton  » Oups !

Jour 16 : Toujours au repos à Houmt Souk. Maïs joue à la crapette, puis les enfants s’entrainent aux réussites. Violette fait le tri des affaires pour alléger les sacoches. Elle va pouvoir expédier 7 kg en France, ça sera toujours ça de moins à trimballer sur les vélos. « Et comme ça, on pourra ramener plus de dattes et de grenades ! » Ananas essaie de se faire transporter à vélo sur le porte bagage avant du vélo d’Aéla : ça marche. Et pour Violette, cinquième crevaison depuis le départ. Les pneus sont cuits, on voit la chambre à air par endroit. Il est temps d’en changer, achat prévu pour demain.

Les phrases du jour : Ananas : Moi plus jamais manger piment. de ma vie entière ! Maïs : Nous, on est les défenseurs de la mer et on va empêcher les chasseurs de tuer les baleines pour en faire des sacs à main.

Jour 17 : Dernier jour à Houmt Souk. Dès le début de la matinée, le vélo d’Aéla crève. C’est la sixième fois depuis le début du voyage. « Il est urgent d’acheter les pneus aujourd’hui. » Les recherches pour trouver un bateau qui emmèneraient nos hardis voyageurs jusqu’à Sfax n’ont rien donné. « Nous allons donc faire du forcing à la gare routière pour prendre le bus pour Sfax ou Kairouan » . Les chiens sont théoriquement interdits dans les bus. « Vu ma peur en voiture et la conduite des bus, j’envisage le calmivet pour moi avant le départ. Mais si c’est le bus ou les passeurs libyens, je crois que je préfère le bus ! »

Les pneus sont achetés. « Je ne suis pas franchement sûre que c soit le bon choix, en tout cas pour moi. Ils me semblent très très fin, plus que les anciens. Je vais garder les vieux quelques jours, au cas où je voudrais rechanger… »

Enfin, l’équipe dégotte un louage pour demain direction Sfax. Soixante euros pour 4 personnes, 4 vélo et un chien. En raccrochant, Foued le transporteur ajoute : « A demain, inch Allah »

Jour 18 : Départ pour prendre le louage à 7h30, avec qui nous avons rendez-vous à 8h30 avec Foued. Les enfants assurent comme des chefs et la traversée de la ville se fait en une demi-heure. A 8h, nous sommes devant les louages. A 8h10, aéla part chercher Foued, et .. provoque un attroupement. On n’a toujours pas trouvé Foued, mais tous les chauffeurs autour de nous débattent en arabe et disent que les chiens sont interdits et les vélos… impossibles. « Nous appliquons notre stratégie : On attend et on reste là en souriant. » Ils assistent à un jeu intéressant : chaque chauffeur explique aux autres pourquoi on ne peut pas les prendre (en arabe bien sûr). « Et finalement, un conducteur finit par dire qu’il nous prend, sans grand enthousiasme. »

L’équipe amène les vélos à côté du véhicule et décharge les montures pour mettre toutes les impédimentas dans le coffre. Puis le conducteur, aidé par trois autres chauffeurs, commence à hisser les vélos sur le toit du véhicule.  » Je vous passe les détails, mais vu la façon dont les vélos étaient empilés, Aéla ni moi ne respirions plus. Finalement, ils ont décider de sangler les vélos. Je dirais bien : Heureusement. sauf que les sangles passaient au milieu des roues et les pressaient en torsion !

Entretemps, on a frôlé la catastrophe, évitée de justesse grâce à Maïs : »Attention ! les pattes de Naïade ! » Un minibus de louage était en train de se garer, et sans l’avertissement de Maïs, aurait roulé sur les pattes avant de Naïade couchée à côté de Violette. « Elle s’est relevée juste à temps quand je l’ai tirée à moi ! »

Puis le minibus se met en route…  » La conduite de notre chauffeur était moins terrifiante que je ne le craignais. Nous n’avons frôlé l’accident que deux fois et manqué écraser un seul piéton en cinq heures de route ! »

Arrivés à Sfax, ils récupèrent leur vélos, en bon état. Mais il est tard, et la ville et grande. « On n’en sortira pas avant la nuit. » Aéla cherche un logement acceptant les chiens, trouve ! et réserve un hôtel. « Nous allons en ville chercher à manger et poster les affaires en trop. Les rues sont désertes, c’est super chouette de rouler. On se pose dans un vrai parc, avec un toboggan. Aéla part à la recherche de sandwiches, pendant que je garde les enfants, les chien et les vélos. Elle revient avec deux sandwiches et l’explication de pourquoi les rues sont désertes. L’équipe nationale tunisienne joue un match de foot. » La coupe du monde a commencé. résultats, les vendeurs de sandwiches regardaient le match à la télé, et pas leur sandwiches. « Le mélange harissa – salade méchouïa était cuisante… Mes lèvres me brûlent encore….

Violette se rend ensuite à la poste. Attente de 45 minutes, virée à Monoprix pour trouver un carton.  » Je rejoins Aéla et les enfants allégée de 7 kg. » Entre-temps, le match est terminé et les rues sont bondées. Les gens sont surexcités, « surtout les jeunes mâles ». « Ananas est mis manu militari sur mon vélo, pour que j’ai juste à gérer la circulation. Les jeunes mâles se donnent comme défi de courir à côté du chien en réussissant à mettre la main sur sa tête ! La circulation me donne des sueurs froides. Heureusement, Maïs assure et me suit de près. Aéla essaye de suivre en évitant les voitures qui respectent à peu près bien les enfants, mais pas les adultes seuls. J’avoue que ma conduite est devenue très offensive : si les voitures m’ont vue, je passe… Aéla engueule les jeunes qui veulent toucher le chien : »

« Et… « nous arrivons vivant.e.s à l’hôtel ! »Et… « nous arrivons vivant.e.s à l’hôtel ! » A l’hôtel où ils n’acceptent pas les chiens. enfin, ils vont en discuter. Finalement, ils proposent que le chien dorme sur la terrasse du troisième étage, et nous dans une chambre au cinquième. « Je les remercie, mais j’annonce que j’irais dormir avec ma chienne sur la terrasse et qu’Aéla et les enfants iront dans la chambre. » Consternation générale du personnel. Finalement, Naïade aura le droit de dormir sur la balcon de la chambre, histoire que Violette ne dorme pas dehors.

La recherche d’un restaurant pour diner s’avère infructueuse : la pizzéria italienne ouvre samedi, et le restaurant local refuse les chiens…  » Nous avons mangé du pain aux olives et des galettes sèches. Mais heureusement, nous avons trouvé des gaufres garnies avec des snickers et de la glace ! »

Randonnée en Tunisie – 1ère partie

Marseille > Tunis > Gabès > Djerba

Jour 0 : La compagnie maritime a envoyé un SMS la veille pour annoncer que l’heure de présentation pour les piétons était avancée à 6 heures du matin. A 6 heures tapantes, l’équipe au grand complet est prête à La Joliette : Violette, Aéla, Maïs et Ananas, sans oublier Naïade qui finalement sera du voyage, faute de garde. Il fait encore nuit, les vélos sont chargés comme … des mulets ? Le port de Marseille est calme, les grilles fermées. A part quelques voyageurs qui tous se demandent si l’embarquement des piétons pour la Tunisie se fera ici – et personne n’en est certain – il n’ y a personne…

Il fait un peu froid, le Mistral souffle. A sept heures, le jour se lève et quelques employés apparaissent qui regardent les vélos et semblent faire des commentaires.

7h10 : la fine équipe franchit les portes du port de Marseille, pour apprendre que… pour les piétons c’est bien ici, mais les vélos devraient être à l’entrée des véhicules, 3 kilomètres plus loin… Négociations… Finalement, moyennant un supplément, les vélos, une fois déchargés, seront emmenés à l’entrée des voitures par des porteurs.

7h35 : Pour récupérer les cartes d’embarquement, il faut les billets et les passeports. Et une autorisation de sortie du territoire pour chaque mineur. Mais Violette n’en a pas, pensant qu’en temps que mère, elle n’en avait pas besoin. Stress, téléphone en ligne avec Cyril et Sarah. Peut-on faire ces autorisations à distance ? Oui dit l’employé, mais l’embarquement ferme à 8 heures précises. La tension augmente encore, surtout que imprimante dont dispose Cyril ne fonctionne pas. Enfin, grâce à l’efficacité de chacun, à 7h52, des photos de pièces d’identité et d’autorisation manuscrites sont présentées à l’employé qui donne son feu vert. Ouf ! Mais il reste à franchir la police des frontières qui pourrait refuser les photos à distance ? Re- ouf ! à 8h15, Nos hardis voyageurs embarquent enfin sur le Danièle Casanova, qui largue les amarres une heure plus tard en direction de TUNIS…

Traversée agréable malgré le Mistral qui lève une mer très forte. personne n’est malade. Violette et Maïs peuvent même sortir de temps en temps Naïade, obligée de voyager en chenil…

Jour 1 : A 6h48, les côtes de l’Afrique du Nord sont en vue. Le ferry est à quai à 10h, mais le passage de la douane avec deux vélos adultes et deux vélos enfants, tous bien chargés, s’avère compliqué. Nos joyeux pédaleurs sortent enfin du Port de la Goulette à 13h. Direction Tunis, mais pas question d’emprunter l’autoroute. Ce sera dons par la route de Carthage. Naïade est sur le siège de Violette, qui remorque Ananas en « follow-me ». Maïs assure comme un chef. Arrivés à Tunis, toute l’équipe devient amie avec Tarek, qui envisage d’épouser Aéla. Le jeune tunisien les aide à chercher un hôtel, mais sans réservation, pour 4 personnes, 4 vélos et un chien, c’est difficile. Tarek les invite finalement tous à passer la nuit chez ses parents, qui demeurent à un kilomètre de la gare.

Jour 2 : Violette écrit en début de matinée : « La nuit chez l’habitant, c’est pas reposant ! Mais Tarek et Bahia – sa maman – sont super sympas. » Ce matin, Tarek a géré la circulation de manière très efficace : il se met au milieu, arrête le trafic et fais signe à nos aventureux voyageurs de passer. Violette envoie un nouveau message * : « Nous sommes à la gare de Tunis. Tarek et Aéla sont partis négocier le passage en train des vélos et du chien. » Avant le départ, Violette avait interrogé une employée de la SNCFT qui lui avait dit que théoriquement c’était interdit, mais qu’en pratique, le chien et les vélos seraient acceptés.

Âpres négociations, d’autant qu’il n’ y a pas de train ni pour Tozeur, ni pour Gafza, contrairement à ce que Violette avait vu sur Internet lors de sa préparation. Toutefois, nos pédaleurs sont autorisés finalement à embarquer dans un train en direction de Gabès. Violette devra voyager dans le compartiment de marchandises avec Naïade, et Aéla et les enfants dans un compartiment de voyageurs. Un employé de la SNCFT leur donne son numéro de téléphone au cas où elles auraient un problème pendant leur périple. Adieux à Tarek qui déclare à Aéla qu’il l’aiderait avec leurs enfants et : « Y’a pas d’homme pour toi en France, et pas de femme pour moi en Tunisie. Alors toi et moi … »

« Le train pour Tozeur et Gafza est en grève depuis deux mois. Il y a des pénuries alimentaires, surtout de légumes. La situation semble très tendue à Tunis. Les gens avec qui nous avons discuté ne sont pas ravis de la situation actuelle et en particulier de l’inflation galopante. Notre statut de touriste nous protèges des tensions internes à la Tunisie. Il y a eu un contrôle de police pendant qu’on attendait le train : tout le monde a été contrôlé sauf nous… »

Six heures de trains jusqu’à Gabès. Au début : « Nous sommes tassés à trois sur deux places, il fait très chaud et les autres voyageurs fument dans le train ». Ananas regarde par la fenêtre pour voir des « gromadaires« . Plus tard dans le train, ils arrivent à voyager tous ensemble dans un compartiment désaffecté. « Les enfants ont dormi par terre avec Naïade; nous avons chanté et joué au cartes, et même fini un cahier d’activités pour enfants. » Phrase du jour : Le chien voyage avec les bagages, il doit avoir un comportement de bagage.

Arrivée tardive à Gabès. Il fait déjà nuit et notre équipe essaye de trouver un hôtel. Après trois essais, ils vont dormir sur la plage. « C’est super calme et magnifique, et on n’entend pas le muezzin ! Mieux qu’un cinq étoiles ! »

(*) Depuis le départ de Marseille, l’équipe communique par liaison satellite, et les photos arrivent …. plus tard !

Jour 3 : Avant de partir de Gabès : ravitaillement, retrait d’argent et achat d’une puce téléphone pour Aéla qui découvre les surprises du roaming. « L’alimentation ne brillera pas par son équilibre. Mais j’ai pu acheter de la viande pour Naïade. »

Départ pour Zarat, 30 kilomètres au Sud-Est de Gabès. Mais tout n’est pas si simple : Mathis casse son frein. « J’ai racheté les pièces, on le changera demain. » Puis Aéla casse à son tour et tord son dérailleur. Le vélo ne peut plus rouler ! Quant à Naïade, elle fatigue et a une faiblesse à un antérieur.

Direction un nouveau coin de plage dans la banlieue de Gabès pour y passer la nuit. « Toujours aussi calme. Vu les problèmes mécaniques à résoudre, on y passera peut-être la journée du lendemain aussi. » Avant de s’endormir, c’est l’heure de faire un petit point :

  • La langue française n’est plus aussi répandue, nous allons probablement galérer au niveau langue. Mais vélo se dit ‘bicyclette’ en arabe, ça va simplifier les dialogues.
  • Naïade est un vrai frein. Pas auprès de la population locale qui nous regarde un peu bizarrement, mais avoir un chien qui protège est admis. Par contre, l’hôtel avec un chien, on oublie…
  • Les enfants disent qu’ils sont heureux. Maïs est très impliqué dans l’expédition et participe activement. Ananas est dans son monde, ici ou ailleurs, ça ne change pas. Il n’a aucune notion de danger ou d’urgence. Ni de discrétion. Par contre, il a un super contact avec les tunisiens. Maïs a un peu plus de mal avec les contacts humains, comme d’habitude…
  • L’eau est « infecte ». Résultat, on ne boit pas assez. Je teste le cacao en poudre le matin pour faire boire les enfants. A priori, ça marche. Nous allons tester le sachet de thé dans la gourde, et j’ai donné une gourde à chaque enfant, avec pour consigne d’en boire une par jour. Et pour moi, deux…

Jour 4 : Le matin, Maïs répare son frein pratiquement tout seul en suivant les consignes verbales de Violette qui lui tient son vélo. Pendant ce temps-là, Aéla s’occupe de son dérailleur. « Solution provisoire en phase de test. Pas sûr qu’il soit utilisable. On en changera à la prochaine boutique. Mais ça roule… » L’équipe profite encore un peu de la plage. Les enfants jouent dans le sable et attendent le désert avec impatience. « Il y a énormément de déchets partout. » Les enfants jouent dans la mer, sous la surveillance de leur mère qui joue du Mélodica. « Nous n’irons encore pas loin aujourd’hui; mais ce n’est pas grave : nous profitons. »

Puis c’est le départ vers le désert et … cent mètres plus loin, le vélo d’Aéla retombe en panne. Cette fois, c’est plus grave. Le dérailleur a tordu le support de la roue arrière ! « A ce rythme-là, en un mois, on fera le tour de Gabès ! »

L’avant-garde pédale jusqu’à la ville, avec une phrase clé, apprise dans le guide du routard: Win y sallah bicyclette ? L’arrière-garde (Aéla et Naïade) marche… L’avant garde finit par trouver une puis deux boutiques de réparation de vélos. Youpee ! Mais n’ a plus de nouvelles de l’arrière garde qui peut recevoir des messages, mais pas en émettre. Violette espère que les réparateurs de vélo pourront réparer. Sinon, il faudra attendre quatre jours, le marché aux vélos qui a lieu le samedi…. Ce serait long !

Mais avec deux réparateurs, dont le second a écouté les idées de Violette qui piochait dans sa caisse à outils pour tenter de lui expliquer ce qu’elle envisageait, le vélo d’Aéla … roule à nouveau. « Nous avons racheté un dérailleur et une chaîne que nous changerons à la prochaine pause. Le vendeur de pièces détachées est devenu le méga-pote de Violette « Inch Allah Tataouine ».

« Les gens sont toujours adorables – et hilares en voyant le chien sur un vélo. Pour fêter la réparation du vélo : dîner au restaurant ! Et vous croyez que nous mangeons un couscous ? Et bien non ! ici, il n’y a que des pizzas… Puis, après le resto, nous retournerons dormir au bord de la mer, au spot d’hier soir. Il est bien. Je pourrais aller me baigner ce soir, ça fera du bien ! »

Jour 5 : La question qu’il ne faillait pas poser : « Ananas est ce que tu es assez grand pour faire un voyage comme ça ? » « non ». Ah.! Par contre le duvet de Maïs est génial. Bilan de l’hydratation d’hier : 2l d’eau pour moi, 1l pour Maïs. Ananas n’a pas bu ses 660ml… Mais on a bu en plus du chocolat ce matin, 1l de jus d’orange à 4… »

Départ ce matin vers vers le … SUD ! Violette : « Je suis passé à l’écharpe sur la tête pour éviter le soleil et ma phrase préférée est inch Allah mechi li Tataouine Je m’adapte…

A 14h la fine équipe progresse vers le sud et passe Teboulbou, le premier village après Gabès. Et parvient en fin de journée à Katanah.

Jour 6 : Les ouvriers de l’oliveraie voisine leur offrent 30 piments, et des dattes, mais aussi 2 yaourts puis du quatre-quarts. Puis ils leur apportent une grenade et une assiette de pâtes.

Départ … mais 1 kilomètre plus loin, le vélo d’Aéla crève. Violette se demande qui a eu l’idée à la c** de faire du vélo dans le désert ?!  Y’a du sable partout ! »

On répare pendant le déjeuner où nous testons les pâtes au piment. Le résultat est … saisissant, et il nous faut boire un litre d’eau chacun pour apaiser nos gorges…. On repart. Aéla est tellement dépitée par ses pannes à répétition, qu’elle ne pense même plus à monter sur son vélo, et part en poussant son fidèle (mais ô combien capricieux) destrier.

Et running gag : deuxième crevaison du vélo d’Aéla ! « Ananas aura pédalé seul presque tout du long, et Naïade couru. Mais pour Naïade, c’est dur. Quand on roule vraiment (Ananas attaché par le follow-me et Naïade dessus), on fait entre 8 et 11km/h. Nous allons gagner le bord de mer pour réparer la crevaison et faire un break. »

« On répare tranquille et demain … Zarat Inch allah ! On était sensé mettre 2 jours pour Zarat. On en aura mis 4 ! Mais c’est joli hein !  » Et pour s’en mettre plein les yeux, ce soir ils ont vu sur la plage une tornade ! « Petite certes, mais une tornade ! »

Pas beaucoup d’eau douce disponible das cette région : ce soir, Violette tente de laver sa chemise dans l’eau de mer. Naïade a voulu participer à cette soirée mémorable en…. se roulant dans une charogne ! Elle a gagné le droit de dormir dans l’auvent cette nuit.

Jour 7 : Réveil sous la pluie. Mais celle-ci n’est pas suffisante pour rincer la chemise lavée à l’eau de mer hier, elle pègue toujours

Puis départ toujours plus au Sud vers Zarat. Dans la matinée rencontre avec un dromadaire que les enfants peuvent caresser ! Cette fois c’est sûr, ils sont dans le désert !

Et à midi, arrivée à Zarat , enfin !

Zarat, clairement, n’est pas une zone touristique… Dur dur la communication ! Et au menu, pour varier, c’est pizzas !

En plus, c’est la fête : Aéla a 4 vitesses sur 7. C’est un progrès notable par rapport à ce matin ou elle n’en avait plus qu’une. Nous pensons avoir réglé le problème ds crevaisons à répétitions ; il y avait un bout de verre planté dans le pneu…

« Sa selle on a réglé le problème toutes seules : vu qu’elle penchait vers l’arrière, on l’a attaché au cadre avec un bout de ficelle  » Mais maintenant, c’est son porte-bagage qui se décroche… 

Ananas commence à intégrer le fait de voyager. Il prend en compte les autres, c’est chouette ! Mais il reste égal à lui-même : « Ananas tu perds tes carottes ». « Nan, parti en cromenade » 

Les Tunisiens aiment toujours autant les enfants. Ceux-ci accompagnent les adultes partout « en étant très mignons ». Et aujourd’hui ils ont gagnés jus d’orange, chocolat et yaourt !

Jour 8 : Départ en milieu de matinée et un quart d’heure plus tard : premier couscous ! Plus on est jeune, plus on trouve que c’est pimenté ! On quitte le gouvernorat de Gabès pour celui de Médenine et …. on aperçoit des empreintes de dromadaires dans le sable (mais aussi des traces de 4×4 !). Vue aérienne de notre bivouac. Si ça n’est pas le désert, ça y ressemble bien!

Jour 9 : C’est reparti, vers l’Est maintenant. Crevaison de Violette, puis des problèmes de fixation de son siège viennent ralentir la progression. puis c’est une roue qui semble voilée. Non, elle a du pris du jeu. Il n’ y a plus de végétation et Violette utilise le GPS pour guider l’équipe. « la carte du garmin est vraiment très utile ! »

Jour 10 : A midi, Violette s’aperçoit qu’elle a perdu son téléphone ! Son téléphone lui permet de faire la navigation GPS et de transmettre des messages via le satellite …Mais un peu plus tard, elle le retrouve ! Ouf !

On arrive maintenant dans une zone avec des plantations clairsemées d’oliviers. Et c’est une très bonne journée, avec au moins une quinzaine de kilomètres parcourus dans des pistes meilleures. « L’équipe avance bien. Le chien claudique à côté des vélos. Ananas pédale comme un chef, et Maïs … également ».

Après concertations,, les enfants ont exprimé le désir très net de continuer à être au bord de la mer…  « Snif, moi je rêvais du Sahara. » Ce soir, bivouac à une centaine de mètres de la Méditerranée.

Question autonomie, le capteur/batterie de Camille marche du tonnerre. Le petit capteur de l’équirando marche assez pour le Garmin et/ou le Steripen (purificateur d’eau UV).

Les animaux du jour : « On pense avoir vu des traces de fennec depuis plusieurs jours et ce soir on pense les avoir entendus ! » Ananas a trouvé un piquant de porc-épic au bivouac ! Et Aéla a adopté Barnabé, le scarabée qui est dans sa sacoche depuis ce matin et refuse de sortir…

Phrases du jour : -« Est ce qu’on va manger les femmes de carottes ? » -« Goûte l’eau de pluie, elle est trop bonne, elle n’a pas de gout… » -« On n’a pas de savons, on est des hommes préhistoriques » (Évidemment, il y a du savon dans l’équipe, mais ça n’arrangeait pas les hommes préhistoriques ). – « On a tous du sel sur le visage….Nan pas moi. Moi j’ai des paillettes parce que je suis une princesse. »

le chiffre du jour : 135 grammes de salades méchouia à 2 ce midi !

Jour 11 : Ce matin en se levant, Ananas demande : « il est où mon pikapok ? » (Comprenez porc épic….). Il est très tôt : nos voyageurs se sont fait déloger par un troupeau de moutons matinal…  Donc départ de bonne heure.

Ananas trace, lâché devant, il fait du 16km/h, avec même une pointe à 20km/h ! « On a fait 14km en 2 heures. Un record !!! »

A 11h40, incroyable mais vrai, ils attendent le bac pour Djerba ! Comment les filles ont-elles obtenu ce résultat ? Facile ! Elles ont appâté les cyclistes en herbe avec un resto à l’arrivée ! Et en plus, nos hardis pédaleurs sont partis avant que les enfants s’épuisent en jouant autour du campement. 

Contre-coup de l’effort de ce matin, à midi, Ananas a engloutis deux tiers de pizza et dormait à moitié sur sa chaise. Il a été sur le siège de Naïade après le repas.  » Le petit singe de Nanoum est sur mon panier, je suis heureuse qu’elle soit un peu avec nous quand même. »

En début d’après midi : « On est à Djerba, on est à Djerba ! « 

Et en fin de journée, pour s’amuser, c’est soirée « test de résistance au vent ». Le jeu est simple : monter deux tentes face à la mer, dans du sable soit trop mou où les piquets ne tiennent pas, soit trop dur où ils ne s’enfoncent pas .

Grâce aux 4 vélos, les deux tentes semblent enfin bien fixées. « Je suis enchantée de celle qu’on avait acheté pour l’équirando. Avec 2 vélos et 4 sardines, elle est vraiment bien tendue. Il y a un beau volume intérieur, où les deux enfants Naïade et moi dormons bien. Les sacoches rentrent dans l’abside. »

Le réchaud à bois fonctionne aussi, planqué derrière un caillou. Les repas sont assez monotones. C’est semoule ou pâtes, aux carottes et à la sauce tomate. Naïade idem, sans la sauce tomate et avec du thon. Violette essaye de lui acheter de la viande, mais il y a des poules ou des lapins en cage devant les boucheries… Même pour sa Naïade elle ne peut pas !

« Au resto, on alterne entre brick à l’œuf et aux patates et pizzas au fromage. On ne désespère pas de manger un couscous de légumes avant la fin! « . Le petit déjeuner est le summum de la gastronomie : pain sec et chocolat à l’eau…. Heureusement pour se rattraper, il y a les pâtisserie, les dattes, les grenades (surtout) et les repas offerts par l’habitant.

la suite ici

On est presque prêt.e.s…

… Tout est dans le presque !

Alors dans le positif :

  • On a nos passeports ! Et ça, ça va aider à partir…
Devant la mairie à 1h30 de la maison, le seul moyen d’avoir les passeports dans les temps…
  • On a les billets de bateau ! On les avait commandés en août, j’ai bien fait de relancer…
  • La quasi-totalite du matériel de bivouac est arrivé, le reste est en cours de livraison. Nous avons donc de quoi purifier et stocker l’eau, un chargeur solaire (merci papa), un réchaud à bois (bientôt j’espère)
  • Le réchaud à alcool fabriqué par Aela fonctionne, et on a même pas mis le feu à la maison en l’essayant 😀 on a juste un peu fait fondre le couvercle de la popote, le réglage n’était pas parfait
Maïs et Ananas chronomètre le temps d’ébulition
Avant/Après… Heureusement que Aéla s’est dévouée pour boire la bière !
  • Grace aux bons soins d’Aela, mon vélo roule (enfin je crois, je ne l’ai pas essayé…)
  • J’ai obtenu in extremis un rendez-vous chez le dentiste, vu que je commençais à avoir mal à dents. Oups, deux grosses caries. C’est bien de régler ça avant de partir !

Dans le moins chouette, j’ai été peu disponible pour faire les préparatifs, privilégiant d’accompagner ma grand-mère en fin de vie. Je suis sur que de là-haut, Nanoum suivra nos aventures, mais ça fait bizarre de ne plus les lui écrire…

Et dernier retournement de situation avant-hier, l’amie qui devait garder Naïade, ma chienne de 25kg qui boîte d’à peu près partout, ne peut pas… Je cherche donc un plan B en catastrophe. Heureusement ma fifille est vaccinée contre la rage, donc si je ne trouve pas de pension qui me paraisse adapter pour elle, elle pourrait venir avec nous. Ce qui simplifiera de suite la logistique, en rajoutant une remorque, un chien dedans, les affaires dudit chien… : à suivre !

Depuis jeudi, je suis malade, donc j’essaye de préparer mes affaires entre 2 poussées de fièvre et les sieste. Une équipe de choc on vous dit !

Nous partons dans moins de 2 semaines, comme l’ont montré ces dernières 48h, rien n’est encore joué finalement 😅

Préparation des destriers (Ou quelle partie du corps permet-elle d’être un bon.ne bricoleur.se ?)

Comme les lecteurices de l’article précédent ont pu le deviner, nos valeureux vélos ont besoin de quelques améliorations pour être prêts à partir… Aela et moi avons donc attaqué une fréquentation assidu de l’atelier vélo de la ville la plus proche, ou nous pouvons nous fournir en pièces d’occasion autant que nécessaire (donc beaucoup).

La première visite avait été un peu laborieuse… Nous savions, fort.e.s des conseils de notre ami F. , les pièces que nous venions chercher… Malheureusement les beaucoup de mâles présents ce jour là n’étaient absolument pas d’accord avec nous sur les pièces à changer, et au bout d’un long moment de négociations laborieuses, j’avais craqué et utilisé mon « joker F. » : « F. a dit qu’on avait besoin de ces pièces là, il s’en occupe ». Et là, les mââââles avaient accepté de nous aider à trouver les pièces en disant « bon, si c’est F qui s’en occupe… ok. »

Deuxième round, Aela y va seule… Pas de chance ! Elle cherche un axe de roue arrière, sans attache rapide.

Un mâle bien intentionné (ou chiant, au choix, personne n’empêche les hommes de vaquer à leur guise dans l’atelier) vient lui demander si elle a besoin d’aide. Aela montre les deux morceaux d’axe et dit qu’elle en cherche un… intacte. Le dialogue qui suit est rapporté le plus fidèlement possible de ce que Aela m’a rapporté, mais promis, ce sont des faits véridiques…

Homme : « Ah, un axe, allons chercher si il y en a. » Un temps… « Je n’en trouve pas, ça doit être un axe de roue avant »

Aéla : « Non, c’est un axe de roue arrière »

Homme : « Non, c’est un axe de roue avant, ça ce voit. Mais tenez, voici déjà l’attache rapide pour la roue »

Aéla : « Non, il n’y a pas d’attache rapide sur cette roue, c’est juste ça l’axe. Et c’est une roue arrière »

Homme : « Non, je vous dit que c’est une roue avant. Pourquoi pensez-vous que c’est une roue arrière ? »

Aéla : « Parce que je l’ai démonté avec F. et j’ai démonté la roue arrière ! »

Homme : « Ah bon, si F l’a démonté… allons chercher dans les pièces en vrac si il y a un axe de roue arrière »

Bon, donc visiblement, il faut avoir un pénis pour savoir si la roue qu’on démonte est une roue arrière ou avant…

L’homme cherche un moment, puis dit que non, ils n’ont pas d’axes, et que sinon il faudrait démonter une roue et c’est compliqué…

Aéla : « oui, je vois comment on récupère un axe, mais bon, j’irais en acheter un directement. »

Homme : « Mais, comment vous savez démonter un axe ?! »

Réponse, au hasard, peut-être parce qu’elle en tient un dans les mains ? Hein, juste comme ça…

Bref, le mansplaining, c’est nul. Siouplait, les hommes, faites attention a considérer votre interlocuteur. Généralement on a un cerveau, même si on a des seins, j’vous assure !

Pour l’anecdote, j’y suis retourné jours après, j’ai demandé à une bénévoles les pièces que je cherchais, elle m’a montré ou fouiller, fin. Merci madame !

Cet après-midi, il faisait beau, les enfants jouaient avec un copain… Donc atelier vélo !

En premier, le vélo d’Ananas :

  • Changement des pneus (trouvé à l’atelier vélo)
  • Mettre une béquille (récupérée sur le 20 pouces actuellement non utilisé)
  • fixer le porte bagage (atelier vélo, idem)
  • Mettre le siège enfant sur le porte bagage (et vérifier que ça ne déséquilibre pas trop l’enfant)

Le premier qui trouve çà quoi ça va servir gagne un sandouiche (et non, repêcher l’enfant dans les descentes ‘est pas l’idée initiale, mais oui, ça peut aider peut-être)

Ensuite j’attaque le mien.

Là ça se complique, j’ambitionne de remplacer les revoshifts par des shifters, et je n’ai JAMAIS fait ça. Je frime parce que j’ai appris le terme aujourd’hui, quand ça a foiré et que j’ai été chercher des infos (que je n’ai pas trouvés) sur internet. En gros, je voulais remplacer les poignées tournantes pour changer vitesses et plateaux, qui montraient des signes de défaillances sur mon vélo par des poignées qui se poussent avec les doigts.

Je démonte la poignée coté plateau, je pose le shifter… ben non, la ça ne passe pas avec le frein, là pas avec la poignée… Heu… Allons regarder sur un ancien vélo qu’on garde pour pièce (les roues sont déjà parties sur le vélo d’Aéla). Ah, malin, un système tout intégré, freins et shifter… Pourquoi diantre n’ai-je pas regardé AVANT d’acheter des pièces ? Bon, tant pis, je vais les démonter sur le vélo, les poser sur le mien, et je rapporterai les pièces au magasin. Voilà.

Aussitôt dit, aussitôt fait, et je pose le système puis je fixe le câble sur le dérailleur avant. Mes chevilles enflent, je m’en sors tellement bien ! Je suis très fière de moi ! Maintenant, essayons de changer de plateau… Rien ! Mes chevilles désenflent aussi sec… Je bataille pendant une bonne demi-heure, sans parvenir à changer ces fichus plateaux !

Ananas débarque et s’enquière de ce que je fais. Et elle a faim aussi. Je lui explique mes problèmes actuels, mais, soit, je vais leur trouver un truc à manger pour le gouter, j’essaye encore un peu, juste un peu… Tient, d’ailleurs, tu peux tenir le câble, Ananas ?

Et là, mon monde s’effondre, Ananas suggère innocemment : « Appelle T. (un ami), c’est un vrai bricoleur ». Le nez dans mon dérailleur, je rétorque que je m’en sors très bien toute seule, et que, moi aussi, je suis une vrai bricoleuse. Mais quand même, je lui demande pourquoi elle estime que je ne pourrais pas réparer mon vélo seule. « Non, maman pas bicoleuse. T. homme, vai bicoleu, maman femme, pas vai bicoleu »

Toute une éducation à refaire, je ne sais pas qui a élever cette gamine, mais va falloir qu’on aille parler féminisme !!! 😥 (et qu’on lui apprenne a prononcer les « r »)

Bon, au final, je m’en suis sortie toute seule, je peux passer les plateaux et 6 vitesses sur 7 (mais il était 20h, plus vraiment le moment des réglages de précisions…). Mon vélo a maintenant en prime un rétroviseur, et Maïs a posé le sien sur son vélo aussi. Par contre, ma roue arrière s’est décrochée seule et spontanément, pour la deuxième fois… A revoir. ça tombe bien, les roues c’est le prochain chantier : changer la roue-libre, revoir les roulements des roues avant et arrières, dévoiler la roue arrière, et donc, peut-être changer le système d’attache rapide de la roue arrière… Restera un trouver un tube de selle plus haut et un chouia plus large et ce sera parfait !

Et reprendre l’éducation de Ananas, visiblement le fait que je bricole depuis sa naissance (et Aela aussi), et même avant, que je fasse de l’élec, de la plomberie (un peu), de la mécanique vélo et un peu auto, et pleins de bricoles ne suffisent pas à caser les stéréotypes de genre dans la tête de ce charmant bambin… On va éviter de trop l’emmener à l’atelier vélo, histoire ne ne pas la conforter dans le sexisme ordinaire !

Nouveau projet, nouvelles montures

Vous croyez que ce blog était mort ?

Oui, moi aussi, un peu… Mais comme les bonnes idées (ou les projets farfelus) ne manquent jamais, c’est Ropati, comme on disait dans ma jeunesse 😉

Gros changement pour ce périples à venir : l’équipe évolue!

Deux enfants : Maïs, 7 ans et Ananas, 4 ans et demi ;

Photo pas du tout récente, datant d’un an et demi, quand Ananas alternait entre le siège enfant et la draisienne

Deux adultes : Aéla (vous noterez l’inconscience, heu le courage de l’individu sus-nommée : Elle me connait depuis 15 ans, elle côtoie mes enfants depuis les 2 ans de Maïs, elle vit dans la même maison que nous depuis 1 an… et En plus elle ose se lancer dans un voyage avec nous. Fin de l’aparté) et moi-même.

Et… 0 animaux. Si ! Vous avez bien lus ! Les équidés vont bien et coulent une retraite bien mérité, nous chevaucherons donc… des vélos. Beaucoup plus facile à transporter et à nourrir en voyage ! Parce que cette fois, nous partons loin (et ce sera l’objet d’un prochain article) !

Bref, ce matin, nous avons fait notre première sortie… Maïs sur son nouveau vélo 24 pouces, Ananas sur le vélo 16 pouces hérité de son ainé, Aéla sur son futur vélo de voyage et moi… sur mon vélo pas de voyage. Ledit vélo de voyage ne tournant que à droite, j’ai joué la sécurité et pris mon vélo du quotidien qui a le mérite de rouler parfaitement bien (mais que je n’emmènerai pas en voyage, pour des tas de raisons techniques que je pourrais détailler si ça intéresse quelqu’un. Ou alors parce que j’aime bien me compliquer la vie et retaper un vélo à un mois du départ, au choix).

Donc… Départ à 11h passé, nous avions quoi… 7 km à parcourir, 25 minutes sans les enfants…

Hier, Ananas et son père avaient essayé de changer la roue arrière du vélo, et testé ledit vélo. Le papa m’avait prévenu : « Ananas n’arrive pas à freiner ». Oui, bon… Première légère descente, 50 mètres après le départ, je coache bien Ananas et reste près d’iel en parlant en continue « freine, oui, super, un peu plus. Génial, desserre un peu là. Va tout droit, les zig-zag c’est dangereux. Freine mon loulou » (Pour les sceptiques, j’ai fait ça TOUT le trajet, ou presque. Je pronostique une extinction de voie avant la fin de l’entrainement !). Ananas gère comme un chef. Deuxième descente, plus conséquente, je propose à l’enfant de lui mettre une laisse à l’arrière du vélo, par sécurité, et de la tenir comme ça durant la descente. On fait juste 10 mètres de descente pour s’arrêter hors du virage. Mais non, 10 mètres, c’est trop, et je vois mon fier cycliste qui se recroqueville sur son vélo, n’arrive pas à freiner et prends de la vitesse… Il y a 300 mètres des descente raide devant nous : il faut agir, vite ! Je rattrape Ananas, attrape la capuche et freine… Enfin tente de freiner. Ananas s’écrase au sol, moi aussi, les vélos, les humains, tout le monde à plat sur la chaussée. Je console, on accroche la laisse, et on reprend. Entre temps, Aéla et Maïs sont partis loin devant, j’espère que Maïs, qui étrenne son grand vélo, ne se laissera pas emporté, qu’il anticipera les virages, que …

Arrivé en bas, Ananas et moi retrouvons l’équipe rapide en un seul morceau. Aéla dit qu’elle n’arrive pas à freiner (ah, zut…) et Maïs s’est vautré en s’arrêtant. Bon. En même temps c’est soit un vélo trop grand avec des grandes roues et 18 vitesses qu’il arrive à passer, soit un vélo avec des roues plus petites, ou il force plus et dont il n’arrive pas à passer les vitesse mais à sa taille. Je mise sur une poussée de croissance expresse d’ici le départ dans 46 jours (et une habituation dudit enfant au nouveau vélo). On repart (« Ananas, tout droit. Au bord de la route. Oui super ! Au bord, c’est dangereux sinon avec les voitures. Freine, bravo ! Pédale maintenant. Et lâche les freins. Trop forte ! »). Nouvelle descente, plus courte et moins raide… Ananas gère, jusqu’au milieu. Là, la perte de contrôle s’annonce. Tout en lui parlant calmement, je vient à sa hauteur, choppe le bras et freine. On progresse : Seul son vélo tombe ! (Et moi je me suis bien râpé les pieds, le seul inconvénient du vélo pied-nu, c’est les arrêts en urgence).

On console et on repart.

Grande route, que nous longeons très peu de temps, puis de nouveau des très petites routes, ou Maïs et Ananas peuvent rouler ensemble devant, de front. Nous avançons presque ! Presque… Ananas s’arrête boire. Maïs trépigne d’impatience, il a un vélo super rapide à essayer, lui !

Reprise du pédalage… Aéla essaye de passer la première vitesse et… Déraille ! Les loustics étant devant, j’abandonne Aéla à son triste sort et fonce rattraper ma progéniture. 100 mètres plus loin, Maïs veut prendre un chemin de terre à droite, Ananas préfère la route tout droit… Je propose qu’on se rejoigne à l’intersection 200m après, autorise Maïs a partir tout seul et laisse Ananas partir devant le temps d’aller voir, comprendre pourquoi Aéla ne nous à pas encore rejoint. Ah. Sa chaine est coincée entre les vitesses et les rayons. Et bien coincé… Je l’aide, je l’aide… Je ne sais plus ou sont mes enfants, mais nous avons toutes les deux les mains coincées dans la roue. Quand même j’espère qu’ils vont bien ! Ananas revient au bout d’un moment, furieux que je ne l’ai pas rejoint. « Oui, je comprends mon bonhomme, mais regarde Aéla, elle est coincée et elle a besoin d’aide ». Au final, la chaine est débloquée, et Aéla prends la résolution de ne plus passer la première (pratique, nous abordons la montée…). Nous retrouvons Maïs, qui râle aussi et s’inquiétait un peu de savoir ou nous étions… Un talkie-walkie en voyage peut-être ? En prime, il a cassé son porte-gourde en tombant une fois de plus. Nous repartons en alternant les attaches de laisse à l’avant (pour le tirer dans les montées ) et à l’arrière (pour freiner dans les descentes) entre mon vélo et celui d’Ananas… Nous avons mis 45 minutes pour faire 3,5km… Il va être long ce voyage !

La fin du trajet se passe nettement plus fluidement, et l’après-midi, grâce à l’aide des copains, nous commençons à bricoler nos vélos… Soyons zen, il nous reste encore 46 jours, les vélos des enfants fonctionnent !!! (Celui d’Aéla n’a plus de roue arrière, mais la roue avant n’a plus de jeu, le mien tourne après un changement de fourche mais les roues ont du jeu, « chi va piano va sano, chi va sano va lontano »… Nous iront surement loin !

A bientôt pour une prochaine sortie, ou du bricolage !

– Intermède publicitaire –

Que mes nobles lecteurs pardonnent cet intermède publicitaire ; si j’écris cet article aujourd’hui, ce n’est point afin de poursuivre la narration de nos aventures (je laisse ce soin à maman même si son emploi du temps ne lui en laisse guère le loisir en ce moment) mais pour contribuer à mon prochain voyage à destination de la Russie.

Ceux qui n’ont jamais envisagé d’aller se perdre dans les steppes glacées de Sibérie ne peuvent imaginer le cauchemar bureaucratique que cela représente. A se demander comment des touristes peuvent encore choisir sciemment cette destination…

Le fait est qu’il faut un visa. Et que pour avoir un visa il faut :

  • un passeport à jour (j’ai)
  • Une photo d’identité (fait)
  • l’original d’une police d’assurance très complète (donc contraignante à obtenir pour l’assuré) (j’ai pas)
  • un « voucher » ou invitation émise par l’hôtel où le touriste séjourne (je ne compte pas dormir à l’hôtel…)
  • un programme détaillé des lieux visités (ce qui impliquerait de prévoir quelque chose à l’avance…)
  • un rendez-vous à l’ambassade pour faire faire ledit visa une fois qu’on a réussi à réunir tous ces papiers (un mois de délai à prévoir à Marseille)
  • des sous pour payer tous les services sus-mentionnés

Heureusement, je ne suis pas la première à me heurter à ces désagréments, qui représentent un créneau commercial très intéressant pour les agences de voyage. Il en existe même des spécialisées pour les voyages en Russie qui proposent une assistance très utile pour toutes ces démarches. Après quelques recherches internet, j’ai jeté mon dévolu sur celle qui me paraissait le mieux à même de me dépanner (ie. tout faire à ma place) : Russie autrement.

En plus, cette charmante agence offre l’invitation (compter 25 à 40 € sinon) en échange d’un mot à leur sujet sur un blog ou un site internet, ce qui explique mon intervention présente.

En résumé : pour un voyage en Russie simplifié, allez faire un tour sur ce site !

Mardi 3 mai : de Saint Canadet à Meyrargues

En ce deuxième jour de l’aventure, après une nuit agitée car Haribo a aboyé, terrifié par les chevaux, toute la nuit, notre équipe surentrainée, parée à affronter les pires épreuves, dans une condition physique à toute épreuve, après des journées entières de coaching sportif et sous haute surveillance médicale, commence par se rendre… chez le dentiste !

Une tente c'est petit, mais avec deux adultes, un bébé (le truc rayé maron et blanc entre violette et Cyril) et un Yorkmouth, c'est carrément minuscule !

Une tente c’est petit, mais avec deux adultes, un bébé (le truc rayé marron et blanc entre violette et Cyril) et un Yorkmouth, c’est carrément minuscule !

En effet, hier midi Violette a senti une forte douleur là où elle a une carie depuis… on ne va pas dire depuis combien de temps cela nuirait à la réputation de sérieux de cette équipée. Il faut dire à sa décharge qu’à Barcelonnette les dentistes ne courent pas les rues, et que celui qu’elle a vu l’a laissée repartir avec un rendez-vous pour dans trois mois et sans un pansement dentaire qui lui aurait évité d’avoir mal….

Bref, notre gentil dentiste de Pertuis, comprenant l’enjeu de cette épopée, a reçu en toute urgence notre fière mais néanmoins souffrante randonneuse. Comme l’a dit Chantal la veille : « Un enfant, une dent », mais si on peut éviter ce serait mieux.

Nous revenons au camp vers 11 heures du matin où le reste de l’équipe vient de réussir après une demie heure d’efforts à mettre ses hipposandales à Maya (pour les néophytes, les hipposandales sont des  sortes de chaussons en caoutchouc très épais que l’on met sur les pieds des chevaux non ferrés, c’est à dire sur Litz et Maya). Il faut dire qu’un vent très violent souffle et que cela n’aide pas Maya à rester calme (Maya qui je vous le rappelle est borgne et a tendance à être sur l’oeil).

Bref, comme la jument n’arrive pas à se calmer, Violette décide de lui retirer ses chaussures. Faire et défaire c’est toujours travailler, mais ça ne fait pas gagner du temps, et la troupe se met en marche finalement à 11h45.

Si on perd une heure chaque jour au départ ça ne va pas faire grimper la moyenne !

Les quatre marcheurs ( Lilas est restée se reposer à la maison) descendent vers le canal et le longent sans problème.

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Cherchez le Mathis…

En revanche pour sortir du chemin qui borde le canal, il y a un passage très étroit entre deux barrières où Nako et Litz passent sans problème, mais dans lequel Maya s’accroche et arrive à décrocher une sacoche. Heureusement le travail effectué par les filles sur Maya a porté ses fruits et la jument reste calme malgré la nationale à côté.

Le passage sous l’autoroute lui aussi se passe sans problème sauf pour Petit qui a très peur, d’un autre coté c’est Petit…

L’équipe travers ensuite des lotissements afin d’éviter le centre de Meyrargues et pense rejoindre la forêt de Meyrargues en prenant un chemin qui longe une carrière ; mais…

Une femme au volant d’un camion les arrête et leur dit que le chemin qu’ils comptent prendre n’existe pas, et qu’en plus c’est très dangereux car il y a beaucoup de camions qui vont et viennent de la carrière en roulant vite.

IGN n’est plus ce qu’il était, et d’agnostique Mayotte devient athée !

Mais l’heure n’est pas à la théologie, il faut prendre une décision. Nos vaillants marcheurs font demi-tour et décident en consultant la carte, de couper à travers bois à un endroit où les courbes de terrain ne sont pas trop rapprochées, ce qui les conduit comme il se doit sur un terrain caillouteux et… très pentu. Ce genre de passage est toujours délicat à prendre avec des chevaux, mais nos gros doudous s’en sortent comme des chefs, et même Nako arrive à gérer ses pieds.

Avant la descente...

Avant la descente…

... et pendant !

… et pendant !

Après tous ces tours et détours, c’est enfin le temps d’une pause déjeuner bien méritée, mais le cours d’eau où  les chevaux étaient censés boire est à sec.

Pause casse croûte sans s’arrêter pour Mathis

Mathis :"Pourquoi on s'arrête ? J'suis pas fatigué moi !"

Mathis : »Pourquoi on s’arrête ? J’suis pas fatigué moi ! Si c’est comme ça, c’est moi qui tiens le cheval ! »

Rusty : »Même pendant les pauses on peut pas être tranquille ! »

Heureusement, peu de temps après, l’équipe discute avec une dame sortie de chez elle pour chercher son courrier, et qui accepte volontiers de donner de l’eau aux chevaux quand Mayotte le lui demande. Simon se retrouve alors à porter des seaux pour abreuver les équidés (je crois que c’est à ce moment là qu’il a décidé de partir en Russie…). Mais le problème de l’approvisionnement en eau est bien réel, et rien n’assure qu’il y aura de l’eau à l’endroit prévu du bivouac du soir, qui de plus n’est pas accessible en voiture. Du coup, et comme ils n’en sont plus à un détour près aujourd’hui, nos marcheurs impénitents  effectuent un nouveau crochet pour finalement passer la nuit sur l’aire de pique-nique du site d’escalade de la forêt de Meyrargues. La balade est agréable, et les chemins suffisamment déserts pour pouvoir lâcher les chevaux (enfin tous sauf un histoire qu’ils ne partent pas complètement n’importe où), et il y a même un petite mare dans laquelle les chevaux peuvent se désaltérer et prendre un bain de pieds.

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Même si Violette n’a plus mal aux dents, le bilan de la journée est lourd : en deux jours les marcheurs ont couvert la distance qu’ils avaient initialement prévu de parcourir en une journée, Petit boite bas , Lilas est toujours enrhumée et Mayotte commence à l’être (avec le vent qu’il y a depuis une semaine c’est pas étonnant!) et Nako et Maya ont les tendons bien chauds ….

Allo maman bobo ...

Allo maman bobo …

Je propose de rebaptiser cette expédition « l’handirando », mais les participants s’y opposent.

Pour leur redonner du courage après cette étape éprouvante, nous les rejoignons le soir avec de l’eau pour les chevaux, et aussi avec quelques cakes salés et autres douceurs…

 

Lundi 2 mai : The départ !

Pour des raisons évidentes de météo (un mistral très violent ayant soufflé le 1er mai), et aussi pour des raisons encore plus évidentes de retards de préparatifs, l’équipe est finalement partie à l’aube du lundi 2 mai. Enfin à l’aube version Violette et Mayotte, et surtout version Mathis qui, comme tout bébé qui se respecte, ne s’est pas réveillé tôt comme à son habitude, mais a choisi le jour du départ pour faire la grasse mat.

Donc disais-je, après moult pesées, équilibrages de sacoches, et autres longs préparatifs, nos vaillants randonneurs se sont mis en route ce lundi à … 10h45 !

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Admirez le second plan à gauche

Mathis surveille de près les préparatifs, et Lilas surveille de près Mathis !

Mathis surveille de près les préparatifs, et Lilas surveille de près Mathis !

Mais comment ça s'attache ce truc ?

Mais comment ça s’attache ce truc ?

Lilas et Rusty aident beaucoup ...

Lilas et Rusty aident beaucoup …

En tête Lilas, très enrhumée, qui mène Litz et traîne Rusty . Viennent ensuite Mayotte et son fidèle Nako qui aident Lilas dans sa lourde tâche en mordillant les fesses de Rusty (enfin seulement Nako, Mayotte  se contente de les lui botter) quand il n’avance pas assez vite (c’est à dire à peu près tout le temps). Suivent enfin Violette et Maya, puis, pour des raisons évidentes de sécurité, les chevaux ayant tendance à sauter vers l’avant ou sur le côté quand ils ont peur, Cyril et Mathis. Et aussi bien sûr votre dévouée serviteur qui prend les photos et les notes pour pouvoir alimenter ce blog et illuminer ainsi vos longues soirées d’hiver.

Premières foulées

Premières foulées

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L’équipe au grand complet

Mayotte et Nako en désaccord sur la direction à prendre

Mayotte et Nako en désaccord sur la direction à prendre

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Autour de cette superbe équipe gravitent les chiens : Petit, Haribo et Hestia … Hestia ?

150 mètres et 5 minutes après le départ nous avons déjà perdu ce charmant animal : première pause pour mettre Hestia dans son sac à dos ! IMG_2918L’opération se déroule sous les aboiements non-stop d’Haribo qui est terrifié par les chevaux. Il lui faudra bien 2 km pour cesser d’aboyer et se réfugier alors … dans les pieds de ces grosses bêtes ! Comme dirait Lilas « Quand t’es c… t’es c… ! »

Mais nous sommes partis c’est l’essentiel, et sous les regards ébahis des passants, notre marche se déroule ponctuée par les « Non Nako ! » de Mayotte car Nako ne mordille pas que l’âne.

Nous suivons l’itinéraire soigneusement établi par Mayotte. Cette fois pas de départ par la Quille, nous la longeons à flan de coteaux par la gauche, pour redescendre directement sur Saint Canadet. Hélas ! Mayotte voit sa foi en le dieu IGN s’effondrer : le chemin qu’elle avait repéré n’existe pas !  J’arrête tout de suite les mauvaises langues, les cartes sont très récentes…

Mais n’écoutant que leur courage et les conseils d’un autochtone, notre vaillante équipe décide de couper à travers bois par un petit chemin qui les mènera finalement jusqu’à la Quille. Sauf que ….

Le dit chemin monte très raide (damned ! Mayotte m’avait promis une première journée soft et à plat), se trouve barré par un grillage (que nous enjambons car d’autres avant nous l’ont mis à terre)… bref, nous arrivons enfin à la Quille à 13 heures.

Il nous aura fallu pas moins de deux heures et quart pour parcourir un peu plus de 3,5 kilomètres !

Elle va être longue cette randonnée !

Surtout que nous n’avons pas trouvé d’eau en chemin et que nous faisons appel à Rémi pour apporter les premiers d’une longue série de bidons d’eau. Les filles ont choisi de partir début mai pour ne pas avoir de problème d’alimentation en eau, et pour pouvoir passer le « col bas » sans neige. Pour le deuxième point on ne sait pas encore, mais pour le premier c’est raté : il n’y aura pas d’eau avant le Verdon.

Rémi ramène du pain aussi, car nous sommes partis à cinq et comme jusqu’au dernier moment nous ne savions pas combien allaient partir, la quantité de pain n’était pas bien calculée. Comme l’a dit Cyril « Au bout de deux heures, les vivres vinrent à manquer …  »

Rémi repart avec Lilas que cette marche a exténuée (faut dire que la pauvre était déjà pas bien vaillante).

Nous repartons donc à quatre,  pour une marche très tranquille direction Saint Canadet. Nous y faisons une pause pour faire boire les chevaux, les chiens … et les marcheurs. IMG_2931

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Puis nous repartons vers le  » 1st Texas Cavalry Shooting Club » où Chantal et Yves qui connaissent les filles depuis qu’elles sont toutes petites et avec qui elles ont fait du tir à l’arc, accueillent très gentiment toute la troupe pour le premier bivouac.

Comme d’habitude Litz nous fait sa crise car il a peur du très statique et menaçant bison en plastique qui sert de cible pour le parcours de tir à l’arc. C’est pourtant au moins la quatrième fois qu’il le voit, et à chaque fois Violette refait les présentations, mais Violette blasée, me prévient:  » T’inquiètes, il aura encore peur demain matin ! » … et cela s’est avéré vrai ! Litz est un poney extraordinairement fiable et bien dans ses sabots, mais les grosses poubelles vertes et le bison c’est vraiment trop inquiétant !

Pendant que les jeunes montent le camp et s’occupent des poneys, Mathis et sa grand-mère favorite (c’est pratique, il ne parle pas encore et ne peut donc pas démentir) vont voir les poules et les poussins : il A-D-O-R-E !

Rémi nous rejoint, et pour le plus grand bonheur de Mayotte, amène avec lui Simon qui vient passer 36 heures avec sa dulcinée. Je ne sais pas si cela a un rapport mais après il est parti directement à l’autre bout de la Russie…

Nous passons une agréable soirée avec nos hôtes autour de pizzas et de quelques bouteilles de vin offertes par le sponsor préféré des chevaux : le domaine « Tour Campanets ».

Ces voisins et amis ont offert à nos doudous le couvert au sein de leur beau domaine, et pendant les semaines précédant le départ, nous emmenions les chevaux brouter l’herbe bien verte des paddocks.

C'est d'la bonne !

C’est d’la bonne !

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Je vous assure qu’ils se sont goinfrés, et qu’ils étaient beaucoup plus calmes à la remontée le soir le ventre distendu !

D’ailleurs si vous voulez faire la connaissance de ce bel endroit il y a une journée pique-nique organisée là-bas le lundi 16 mai  (toutes les infos sur : http://www.domaine-tour-campanets.com/)

Puis, nos vaillants marcheurs sont partis prendre un repos bien mérité sous leurs tentes ( pendant que je rentrais retrouver mon lit douillet) après cette longue journée de marche de près de 9 km.

Rappelez-moi combien de kilomètres pour Barcelonnette ? 300 ?

On est partis (et débordés) !

Malgré l’absence de nouvelles sur le blog, nous sommes bel et bien partis depuis lundi. Nous projetons de traverser le Verdon demain. Houston viendra donner des nouvelles et ajouter des photos des que nous (randonneurs à l’autonomie discutable) lui en laisseront le temps.

Bilan actuel de l’équipe :

–  Houston et Corbeau 12 gèrent le taxi, le ravitaillement en eau, la mise au repos des chiens boiteux et des humains malades et les problèmes de santé de Titou .

– Cyril porte courageusement les 10kg de LittleBoudha lorsque son emploi du temps lui permet de marcher.

– Lilas s’accroche pour marcher quand elle n’est pas malade.

– LittleBoudha tête et saute partout on envisage de le rebaptiser Little Kangourou. Il a eu quelques nuits agitées au début mais va mieux maintenant.. Il suffit de le faire dormir sans couches, facile dans un duvet.

-Violette et Mayotte tiennent bon malgré des cernes qui s’agrandissent quotidiennement… (Merci qui ?!)

– Litz, Maya et Rusty vont bien, surtout maintenant que Maya et Litz ont été ferrés.

– Nako, après une légère gonfle au niveau des tendons, va très bien est très…joyeux dirons nous !

– Hestia profite du sac à dos et ne boîte pas plus qu’avant.

– Petit boite régulièrement d’une patte avant et est donc partiellement mis au repos à la Cride.

– Haribo est absolument épuisé et boîte un peu mais continue d’aboyer sur les chevaux toutes les nuits…